Il y a des matchs nuls qui ont un goût d’inachevé, et puis il y a ceux qui laissent un goût amer. Ce dimanche, l’AJA a été tenue en échec par Le Mans (1-1) à l’Abbé-Deschamps, pour la 8e journée de Ligue 1. Un point qui restera associé à un but manceau que personne, dans le stade et ailleurs, n’a vu franchir la ligne.
Pourtant, l’entame avait tout d’un match piège. Le promu sarthois démarre fort et Paul Nardi doit sortir le grand jeu pour repousser à bout portant une tentative de Louis Mafouta. Les Auxerrois prennent ensuite le contrôle du ballon (jusqu’à 59 % de possession avant la pause) et se procurent eux aussi des situations, notamment sur une sortie aérienne manquée de Nicolas Kocik, sans que Clément Akpa ne parvienne à faire mouche. Kocik, lui, se rattrape en sauvant les siens devant son propre but. Rien à la pause : 0-0, et un match encore très ouvert.
Un but invisible validé par une seule montre

C’est au retour des vestiaires que tout bascule. Peu avant l’heure de jeu (49e), sur un coup franc de Lucas Bretelle, Lucas Buadès surgit au premier poteau dans un énorme cafouillage, au contact de Danny Namaso. Nardi repousse le ballon et le récupère sur sa ligne. Willy Delajod laisse d’abord jouer… avant de s’arrêter quelques secondes plus tard : sa montre vient de vibrer. La Goal-line Technology indique que le ballon est entré, et l’arbitre accorde le but au Mans, sans que la VAR ne puisse trancher autrement.
Le problème, c’est qu’aucune image diffusée en direct ne permet de voir le ballon franchir la ligne. Seules les images de synthèse de la technologie montrent un franchissement de quelques millimètres, au tout début de l’arrêt de Nardi, pourtant aucun angle de caméra ne montre un tel franchissement. Sur le banc auxerrois, la colère est immense, et Will Still répète à qui veut l’entendre qu’« il n’y a pas but ». Même le diffuseur Ligue 1+ a publié l’action en demandant aux internautes de se faire leur propre avis. Un but qui se joue à une montre et à quelques pixels : on a connu plus convaincant pour faire basculer un match de Ligue 1.
Mais cette AJA-là a du caractère. Piqués au vif, les hommes de Will Still repartent aussitôt à l’assaut, et la réponse arrive sept minutes plus tard (56e). Sy, revanchard, frappe sur le poteau, et le renard Cameron Archer traîne là où il faut pour pousser le ballon au fond. Le stade explose, et l’Anglais continue d’écrire sa belle histoire en Bourgogne : 5 buts en 6 matchs depuis son arrivée !
Une domination sans récompense
Poussée par l’Abbé-Deschamps, l’AJA fait le siège du camp manceau en fin de match : 7 corners contre 1, 60 % de possession et 13 tirs. Will Still lance Mandengue, Ekwah et Zossou pour tenter de forcer la décision, mais le dernier geste manque, et Kocik veille. Il faut même que la chance soit de notre côté quand Mafouta manque une énorme occasion de donner la victoire au Mans dans les derniers instants. Le score ne bougera plus.

Au classement, l’AJA reste 12e avec 10 points et garde trois longueurs d’avance sur Le Mans. Ce nul prolonge aussi la belle dynamique auxerroise : 10 points pris sur les 15 derniers possibles. Mais comment ne pas avoir de regrets ? Contre une équipe mancelle privée de nombreux cadres et qui restait sur deux défaites, la victoire était à portée de main. Elle s’est envolée sur un but que l’œil humain n’a jamais vu. Il faudra digérer vite, et transformer cette frustration en énergie pour la suite, car la suite du programme s’annonce difficile : déplacement à Strasbourg, réception du Paris FC puis déplacement à Monaco. Allez l’AJA !