
Il y a des défaites qui font mal au classement, et puis il y a celles qui font mal au cœur. Ce dimanche à la Meinau, l’AJA a sombré face à Strasbourg (5-1), pour le compte de la 9e journée de Ligue 1. Et le pire, c’est le contexte. James Zhou venait tout juste de retrouver la France, après dix-huit mois bloqué en Chine par des problèmes de visa. Pour son retour auprès de l’équipe, notre président a eu droit à l’une des prestations les plus honteuses de ce début de saison.
Le scénario était pourtant idéal sur le papier. En face, un Racing en pleine crise, qui restait sur quatre défaites d’affilée et pointait à la 16e place avec 7 points, soit trois de moins que nous. De notre côté, une équipe qui avait pris 10 points sur les 15 derniers et qui sortait d’une belle victoire au Havre lors de son dernier déplacement. Tous les voyants semblaient au vert pour enfoncer un concurrent direct. Il n’en a rien été.
Dès l’entame, ce sont les Strasbourgeois qui mettent l’intensité. Sans un Paul Nardi encore une fois décisif sur une tête à bout portant de Gessime Yassine, la note aurait pu être salée très tôt. Ismaël Doukouré trouve ensuite le poteau, et Martial Godo voit un but refusé pour une faute sur Axel Tuanzebe. L’AJA, elle, subit. Seul un centre en retrait de Danny Namaso pour Romain Faivre, qui ne cadre pas, vient rappeler qu’il y a deux équipes sur le terrain. Et la sanction finit par tomber juste avant la pause, quand Dário Essugo ouvre le score (41e). À la mi-temps, les chiffres sont accablants : 9 tirs à 3, aucun tir cadré pour les Auxerrois, et 1,13 expected goals contre 0,21.
Une deuxième période en roue libre
On attendait une réaction au retour des vestiaires. On a eu l’effondrement. Godo double la mise (55e), puis Conrad Harder transforme un penalty (62e). Cameron Archer sauve l’honneur en réduisant l’écart (68e) : son 6e but en 7 matchs, seule vraie satisfaction de l’après-midi. Mais l’Anglais prêche dans le désert, et Yassine s’offre un doublé en fin de match (77e puis 85e) pour corser l’addition.
Le plus inquiétant, c’est encore la défense. Avec ces cinq nouveaux buts, l’AJA a encaissé 23 buts en 9 matchs, soit plus de deux et demi par rencontre. C’est déjà la deuxième fois de la saison que nous en prenons cinq, après la claque de Lens en ouverture. Quand on concède autant, impossible de bâtir quoi que ce soit, même avec un attaquant en feu.
Mais au-delà du score, ce sont les attitudes qui ont choqué. Il y a eu cette frustration mal placée, parfaitement résumée par le carton rouge de Lamfia Dioubaté, expulsé alors qu’il venait à peine d’entrer en jeu. Il y a eu, surtout, ce défaitisme palpable dans le collectif, cette impression que les têtes étaient tombées bien avant le coup de sifflet final. On peut perdre à Strasbourg. On ne peut pas lâcher comme ça, surtout pas devant le retour de son président, et surtout pas face à une équipe qui doutait autant.

Réagir, et vite
Ce revers fait mal au classement : Strasbourg revient à hauteur de l’AJA, avec 10 points chacun, et l’avance accumulée ces dernières semaines fond comme neige au soleil. Il n’y a pourtant pas de temps à perdre en lamentations. Dès samedi, l’AJA reçoit le Paris FC à l’Abbé-Deschamps, et il faudra montrer un tout autre visage. De l’engagement, de la solidarité, de la fierté de porter ce maillot. Les supporters seront là, comme toujours. À l’équipe de leur rendre la pareille. Allez l’AJA !


